« Quand je suis seul, j’aime les grandes routes; avec moi seul, je m’entretiens. Mes pas libres vont facilement et mon corps laisse alors mon esprit sans entraves; il discute, il raisonne, il me presse d’interrogations.
Mais, avec Dieu, un ami de la nature, je préfère les sentiers embarrassés sous les obstacles d’un …chemin sauvage que nul travail humain n’a touché. Je laisse aller mon pied dans l’herbe humide et m’inspire au contact de la branche que mon visage effleure ; les pierres, les buissons, quoique remplis de ronces, ne m’arrêtent que pour m’entretenir et me parler ; et, meme sous un bois noir, bien sombre, j’aime l’orage, la pluie abondante, le froid, les glaces et la neige ; tous les frimas dont les hommes se plaignent ont pour moi un éloquent langage qui m’attire, me charme et m’a toujours donné de profonds ravissements »
-Odilon Redon’s journal «A soi-même »
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